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Outdoor

Joëlle Zask

avril
2021

10h30–12h30
(env. 120')

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La relation entre l’art et le dehors est au centre de plusieurs de mes travaux antérieurs. Pour des raisons qui tiennent aussi à la philosophie politique, je me suis demandé d’une part, qu’elles sont les raisons pour lesquelles «dehors» et «public» sont systématiquement confondus, notamment en ce qui concerne les arts, et d’autre part, en quoi une expérience «dehors» est-elle (ou devrait-elle être) spécifique par rapport à une expérience «dedans». J’ai choisi le mot «dehors» pour faire écho à «outdoor» en anglais, les idées de porte, de seuil et de passage étant utiles à considérer.
Concernant la résidence far°, je propose de considérer le passage vers le dehors que la pandémie de Covid-19 a rendu nécessaire, comme une chance et une occasion à saisir. Une fois «dehors», une pratique artistique, si elle conserve toute la qualité qui est la sienne, acquiert pour autant de nouvelles caractéristiques. Sa situation requalifie à la fois son statut, sa fonction, les conditions de son apparition publique, sa facture, sa durabilité, etc. À l’opposé du travail en «cube blanc» ou dans la salle de spectacle, le fait même pour des artistes de prendre en considération l’environnement de leur pratique transforme certaines données environnementales en matériau ou partenaire de leur travail et ouvre ce dernier sur une altérité autrement déficiente. Le dehors est une expérience de pluralité et une épreuve de réalité qui a été souvent célébrée par les théories de l’éducation, comme source de l’autodéveloppement individuel, ou en philosophie sociale et politique, comme source d’une attitude « citoyenne ». Les théories de l’art en revanche ne s’en sont guère préoccupées. Je propose de suivre ce fil conducteur pour observer les inventions formelles et les expériences nouvelles que suscite le «outdoor» ou «out of doors». 


texte : Joëlle Zask

 

repères biographiques : Joëlle Zask enseigne au département de philosophie de l’université Aix- Marseille. Spécialiste de John Dewey dont elle a introduit et traduit plusieurs textes, elle s’intéresse aux conditions d’une culture démocratique partagée. Dans ces derniers travaux, elle établit des relations étroites entre l’écologie et l’autogouvernement démocratique. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages, dont La Démocratie aux champs(La Découverte, 2016), Quand la place devient publique (2018), Quand la forêt brûle (éd Premier Parallèle) en 2019 et, en 2020, Zoocities. Des animaux sauvages dans la ville aux éditions Premier Parallèle.