Récits du futur – une résidence de recherche, d’écriture et de création
Modifier nos imaginaires? Une nécessité!
Face aux nombreuses crises environnementales (dérèglement climatique, perte de la biodiversité, guerres, crises humanitaires, inégalité dans la répartition des richesses, etc.), nous devons impérativement transformer le fonctionnement de nos sociétés. Pour y parvenir, nous avons besoin de lier justice environnementale et sociale dans des récits inédits capables d’enrichir nos perceptions, d’ouvrir nos imaginaires, de renouveler nos représentations du réel et du futur et de nous mobiliser.
Récits du futur, une résidence originale
En 2023, le far° festival et fabrique des arts vivants a lancé une nouvelle résidence de recherche, d’écriture et de création : Récits du futur. Ce dispositif a rapidement été soutenu par plusieurs partenaires. Marion Thomas (2023), Danae Dario (2024) et Élise Perrin (2025) en ont été les premières lauréates. En 2026, c’est au tour de Giulia Belet.
La durabilité au cœur du projet
Récits du futur #4 offre la possibilité de développer un texte pour les arts vivants directement lié à la durabilité. Le projet peut traiter d’écologie, de justice sociale ou de tout autre aspect de la durabilité. Ce texte est destiné aux arts vivants (théâtre, performance, danse…). « Le terme de durabilité désigne un fonctionnement des sociétés humaines, notamment dans leur relation à l’environnement naturel, qui assure leur stabilité à long terme et rend possible l’épanouissement humain au travers des générations. » Centre de compétences en durabilité, UNIL (ressource en ligne)
Les structures organisatrices
far° festival et fabrique des arts vivants / La Grange, Centre / Arts et Sciences / UNIL / Centre de compétence en durabilité, UNIL / ShanjuLab Gimel / SSA – Société Suisse des Auteurs
2026
Transgresser, Giulia Belet
Giulia Belet, lauréate de Récits du futur #4, présentera son projet Transgresser lors du far° festival des arts vivants cet été à Nyon – qui aura lieu du 12 au 22 août 2026.
Comédienne et metteuse en scène basée à Genève, Giulia Belet se forme à l’École de théâtre Les Teintureries à Lausanne et fonde en 2018 la compagnie Les Bernardes, au sein de laquelle elle développe un travail mêlant jeu, écriture et mise en scène. Parallèlement à ses activités théâtrales, Giulia Belet développe des projets personnels pluridisciplinaires (chansons humoristiques accompagnée de sa guitare; travail d’écriture pour lequel elle reçoit en 2025 la bourse d’aide à l’écriture théâtrale de la Ville de Genève; podcast Un jour mon prince viendra, collaboration avec La VostokE, etc.).
Voici un extrait de son texte :
« – Bonjour mon père.
– Tu sais pourquoi nous sommes ici.
– Ouais, euh oui
Il fait un geste qui sous-entends « alors vas-y ».
– Euh. Ben je sais pas moi. J’ai rien fait moi.
– Mais si, confesse tes péchés et au nom de Dieu je vais t’absoudre.
– Mais je sais pas trop. Quoi comme péché, genre?
– Des choses mal que tu aurais faites.
– Des fois je m’engueule avec mon frère.
– Non, c’est pas un péché ça.
– Une fois j’ai traité ma mère.
– Comment ça traité? Tu veux dire au glyphosate?
– Non je l’ai traitée de conne
– Ah. (Là il a semblé un peu déçu) Elle a entendu?
– Non. Je l’ai dit dans ma bouche.
– Alors ça compte pas, ça. Si tu ne dis rien, je ne vais pas pouvoir te confesser, mon enfant. Et sans confession, pas de communion, mon enfant. »
2025
Une utopie un peu merdique, Elise Perrin
Elise Perrin, lauréate de Récits du futur #3, présentait le fruit de son travail lors de la 41e édition du far° festival à Nyon en août 2025. Comédienne, autrice et metteuse en scène, Elise Perrin travaille et se forme dans le domaine des arts de la scène depuis 10 ans. Formatrice d’adultes, elle enseigne le théâtre depuis plusieurs années. Sa première création, Agrafe-toi, Jeanne!, tourne en salle et en rue depuis 2021. Pour la résidence Récits du futur, elle propose de poursuivre le travail autour de son texte Une utopie un peu merdique.
« Dans un monde qui part à vau l’eau, sommes-nous encore capables d’optimisme ?Saisie par l’urgence d’inventer des alternatives, je tente un pied-de-nez à l’éco-anxiété. Il s’agit de désamorcer les obstacles qui nous empêchent d’imaginer un monde meilleur. Disons qu’on est dans le futur, que le monde a commencé à guérir mais qu’on n’en croit pas nos yeux. Cet avenir meilleur, personne ne l’avait vu venir. Alors que le capitalisme est de l’histoire ancienne et que tous nos problèmes sont encore là mais en moins pire, chacun-ex y va de son hypothèse pour expliquer la transformation : révolution(s), tempête solaire et autres plans sur la comète. (…) Cette utopie un peu merdique est composée de mille réalités qui s’entrechoquent. C’est un antidote homéopathique à l’actualité mortifère (ça marche même si t’y crois pas). C’est aussi un clin d’oeil aux milieux militants et un hommage à l’autogestion. »
Elise Perrin
Cette présentation publique a été suivie par une discussion avec Elise Perrin, Sarah Koller (CCD-UNIL) et Anne Laroze (responsable communication, far°).
Collaborations et soutiens ORIA – Observatoire sur les récits et imaginaires de l’Anthropocène – Centre de compétences en durabilité de l’Université de Lausanne (CCD-UNIL), La Grange -UNIL, Fondation Jan Michalski, Fonds culturel de la Société Suisse des auteurs (SSA), Fondation Casino Barrière Montreux, ShanjuLab – Gimel
2024
La Chaire des Poules, Danae Dario
Lauréate de Récits du futur #2, Danae Dario a interrogé les normes qui pèsent sur les corps vieillissant des femmes et des poules, dans notre société valorisant le jeunisme et le consumérisme. Elle s’est également demandé comment partager le plateau avec un animal, plus particulièrement avec Roussette, la poule qu’elle a vu grandir. De ces réflexions, la comédienne a tiré son premier texte théâtral, La Chaire des Poules. Elle l’a présenté le 10 août 2024 au far° festival des arts vivants, sous la forme d’une étape de travail.
«L’histoire est la suivante :
Deux corps femelles font grève.
Une poule et une femme,
Retirées dans une salle d’attente,
Attendent ensemble
De vieillir.
Leur fonction reproductrice passée,
Peut-être leur rendra-t-on leur corps?»
Danae Dario
Cette présentation publique a été suivie par une discussion avec Danae Dario, Judith Zagury (ShanjuLab) et Anne Laroze (responsable communication, far°).
Collaborations et soutiens ORIA – Observatoire sur les récits et imaginaires de l’Anthropocène – Centre de compétences en durabilité de l’Université de Lausanne (CCD-UNIL), Fondation Jan Michalski, Fonds culturel de la Société Suisse des auteurs (SSA), ShanjuLab – Gimel
2023
Faire Troupeau, Marion Thomas
Pour la première édition de Récits du futur en 2023, face à des candidatures issues de différentes régions de Suisse romande, le jury a choisi, à l’unanimité, le dossier de Marion Thomas, comédienne, autrice et metteuse en scène formée à la Manufacture Lausanne. Son projet, Faire troupeau, interroge l’empathie comme force de contestation politique. Pour le concevoir, elle s’est inspirée des moutons, réputés pour leur bêtise et, pourtant, capable d’une immense solidarité.
Avec l’aide du far° et le soutien du Centre de compétences en durabilité de l’Université de Lausanne, elle a rencontré des spécialistes à l’Université de Lausanne (en biologie, en éthologie, en sciences politiques) ainsi qu’une bergère de la région nyonnaise, dont le troupeau compte 250 brebis. Faire troupeau (étape de travail) a été présenté, à guichet fermé le 13 août 2023 dans le cadre du far° festival des arts vivants. La représentation était suivie d’une rencontre avec Marion Thomas, Colin Pahlisch (chercheur au CCD-UNIL) et Anne Laroze (responsable communication, far°).
Collaborations et soutiens ORIA – Observatoire sur les récits et imaginaires de l’Anthropocène – Centre de compétences en durabilité de l’Université de Lausanne (CCD-UNIL), Fondation Jan Michalski, Fonds culturel de la Société Suisse des auteurs (SSA), Fondation Casino Barrière Montreux
La suite du projet de Marion Thomas a été présentée lors de la 41e édition du far° Nyon en août 2025.